Centenaire de la Bataille de Verdun

extrait excelsior
citation RF

 

Le 21 février 2016, la France se souvient qu’il y a exactement cent ans débutait vers 7h15 du matin la plus terrible bataille de l’histoire de la première guerre mondiale, sur les hauteurs de Verdun.

En deux heures de temps, les lignes françaises sont pilonnées par quelques 200.000 obus allemands sur les 2.000.000 qui écraseront le sol de Verdun cette journée du 21 février 1916.

Les 300 jours que la Bataille durera fera au total plus de 714.000 morts, disparus ou blessés allemands et français, pour une ligne de front qui restera globalement inchangée le 19 décembre 1916.

A quelques kilomètres du front, les sapeurs-pompiers de Verdun, commandés par le Capitaine MARTIN et épaulés par des détachements de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris, organiseront la défense incendie de la ville, plaçant ici et là des réserves d’eau pour les auto-pompes, les canalisations d’eau étant détruites partiellement ou totalement par les bombardements ennemis.

La bravoure de ses hommes, dont cinq vont tomber au Champ d’Honneur, sera soulignée par le quotidien l’Excelsior, premier journal français de l’époque.

Le 28 août 1916, le général NIVELLE, qui remplace le général PETAIN au commandement des forces françaises se battant sur Verdun, cite la compagnie des sapeurs-pompiers de Verdun à l’ordre de l’Armée.

Les sapeurs-pompiers de Verdun seront décorés de la Croix de Guerre 1914-1918 avec palme, le capitaine MARTIN recevra la Croix de la Légion d’Honneur, tandis que la médaille militaire sera décerné au sergent PELIGRIN. Au total, ce sont 21 médailles qui seront attribuées aux sapeurs-pompiers de Verdun en récompense de l’héroïsme dont ils auront fait preuve durant les 300 jours et 300 nuits de la Bataille de Verdun.

Le drapeau du corps des sapeurs-pompiers de Verdun sera même autorisé à porter, en son revers, les mentions « siège de 1870 / 1914-1918 / 1939-1945 » ainsi que la Croix de Guerre 1914-1918, immortalisant à jamais son implication dans la défense civile de la commune lors des conflits avec les allemands.

Et si la garde de Verdun ne porte pas aujourd’hui les armes, contrairement à celle de Sedan par exemple, c’est parce qu’il a été considéré que Verdun disposait de suffisamment de régiments pour défendre la ville et ses pompiers.

Enfin et d’un point de vue plus personnel, j’ai une réelle émotion à écrire ces quelques lignes, moi qui ai eu l’honneur de servir comme chef du centre de secours de Verdun pendant trois ans et demi, période au combien chargée d’histoire, de symboles et de commémorations pour que perdure le devoir de mémoire que nous devons à nos Poilus et plus localement à la compagnie des sapeurs-pompiers de Verdun.

 

Commandant Christophe CHEVRE